Les demeures du Gua

Le Gua

Avant d’arriver à Prélenfrey, au lieu-dit Le Gua, à 880 m d’altitude, sur un mamelon au pied duquel coule le ruisseau du Jonier se trouvent, enfouis sous une épaisse végétation, les vestiges d’un château féodal (XIe siècle).

L’enquête de 1339 sur la consistance et la valeur des châteaux delphinaux en donne une description laconique : « donjon carré, entouré d’un mur fortifié ».

Ce château, qui commandait tout le pays par sa situation topographique, appartenait, selon l’historien Guy Allard (1635-1716), « à une famille noble et ancienne du nom du Gua » dont il dit avoir vu des titres de l’an 1161.

Le Gua était alors un « mandement » de quatre feux-et-demi, composé de quatre paroisses : Le Désert (maintenant sur Château-Bernard), La Ferrière, Prélenfrey et Saint-Barthélemy. Rodolphe du Gua achète en 1288, au Dauphin Humbert, le château et les droits du Gua. La terre du Gua passa dans la maison de Bérenger, par suite de l’alliance, avant 1301, de Catherine, fille de Rodolphe IV, seigneur du Gua, avec Pierre Bérenger, seigneur de Morges. Les Bérenger du Gua habitèrent au vieux château jusqu’au début du XVIIe siècle, mais vécurent aussi au château de La Ferrière à partir du XVe siècle et à Grenoble, voire à Versailles et Paris. En 1631, le château du Gua est totalement ruiné.


Saint-Barthélemy du Groin

Le château du Groin (de Gronz) est l’un des plus importants restes de château fort du sud de l’Isère. Il a appartenu à la famille de Commiers au moins jusqu’au XVe siècle et était mis à la disposition des Bérenger en cas de guerre. Cette enceinte fortifiée dominait toute la vallée vers Vif et Grenoble. On ne trouve plus de trace de la famille de Commiers au château du Groin après la restitution de dot (1414) de Guigonne de Commiers, qui avait épousé Fromond de Bérenger en premier mariage.

Le château de La Ferrière

Le château de La Ferrière était une maison forte appartenant à François de Clermont dit « La Ferrière » en 1379.

La chapelle Saint-Antoine et Saint-Nicolas est fondée en 1403, à cent pas au sud de la maison forte, par Jean Bérenger du Gua, époux de Josserande de Bardonnanche. Des restes de cette chapelle sont encore visibles actuellement : ce sont les pierres de la petite porte de l’église des Saillants.

Barrachin de Lusson, seigneur de Theys et de Thorane, épouse Isabeau de Bérenger en 1418 et occupe la maison forte de La Ferrière.

François de Bonne de Lesdiguières épouse Claudine de Bérenger du Gua en 1566 dans la chambre dite « de la Garenne » au château de La Ferrière.

En 1631, Isabeau d’Aragon fait l’inventaire des biens de Gaspard II de Bérenger son mari décédé : la maison est alors composée « d’une cuisine, salle basse, cave et au-dessus trois chambres à plan pied et d’encore au-dessus d’icelle une salle et une chambre avec les greniers et galetas au-dessus la dite maison accompagnée d’une grange, grenier et colombier et d’une tour carrée, dans laquelle tour carrée il y a deux petites chambres avec leurs cheminées et vingtain tout autour le jardin, le tout entouré de murailles ».

En 1641, de gros travaux sont réalisés à La Ferrière à la demande de Françoise Coste, son époux, Alexandre de Bérenger, étant le plus souvent en Italie au service du roi de France. Le toit est très abîmé, les plafonds menacent ruine !

En 1658, Alexandre de Bérenger fonde la chapelle de la Sainte Trinité dans les communs en face du château. Dans ces derniers se trouve l’orangerie. Le jardin est bien entretenu avec une fontaine au centre.

Jacques de Bérenger fera agrandir la maison forte de La Ferrière en 1681 par Jean Grignon, dit « la Rose » à la hauteur « de son ancien logis ».

Jacques est enterré en 1726 dans l’église de La Ferrière. Le fils de Jacques, Pierre de Bérenger, viendra très peu au château de La Ferrière qui sera loué à des fermiers.

À l’époque de son fils, Raymond Pierre, les fermiers de La Ferrière devront faire à leurs frais des travaux aux fenêtres en 1770 et au toit en 1784.

Raymond Pierre de Bérenger vit le plus souvent à Versailles ou au château de Sassenage. Il doit payer les dettes de sa belle-mère et vend beaucoup de ses biens. Son fils Charles Ismidon vend la terre et le château de La Ferrière en 1816 à M. Miège, notaire de Bourgoin. Le château appartient actuellement à la société Vicat. Il aurait grandement besoin d’être restauré.

Andrée Barras-Tixier pour Histoire et Patrimoine du Gua